Un Escape Game et un débat participatif pour faire émerger la parole des jeunes
Les 9 et 10 avril 2026, le Garage moderne (quartier de Bordeaux Maritime), a accueilli la 5ème édition du PRintemps des EXpressions (PREX), sur le thème de la santé mentale et du bien-être des jeunes. Au programme pendant deux jours : une diversité d’ateliers de détente, de sensibilisation et d’expression (jeudi 9), ainsi qu’une soirée de clôture créative, engagée et festive (vendredi 10).
Depuis 2024, la Mission Démocratie Permanente est sollicitée par la Ville de Bordeaux afin de proposer des formats et outils d’expression et de recueil de la parole des jeunes. Elle a ainsi proposé un Escape Game, intitulé “mes émotions, tout un univers”, librement inspiré de l’atelier “Cosmos mental” réalisé par le Psycom (organisme public qui informe, oriente et sensibilise sur la santé mentale). L’objectif : aider les jeunes à identifier et exprimer leurs émotions, à travers un format interactif prenant pour décors la voie lactée de l’équilibre mental.
Au total, quatre sessions d’une durée de 30 minutes chacune ont été animées pour la journée du jeudi réunissant près de 40 participantes et participants.
Récit de cet après-midi ludique et dynamique.
Un Escape Game sous le signe de l’évasion pour décrypter ses émotions
Pensé comme un parcours en quatre étapes, l’atelier a alterné entre temps d’expression, réflexion collective et défis coopératifs. Les participants ont d’abord été invités à situer leur humeur grâce à une “météo des émotions”, avant d’identifier, lors d’un second temps, ce qui favorisait leur bien-être au quotidien ou, au contraire, ce qui pouvait le fragiliser. Un débat mouvant leur permettait ensuite de se positionner face à différentes affirmations, avant de conclure par un puzzle collaboratif autour de la définition de la santé mentale.
Dès les premières minutes de l’activité, la parole s’est libérée. Les participants ont évoqué ce qui leur permettait de se sentir bien — les amis, la famille, les loisirs — mais aussi ce qui pouvait peser au quotidien : fatigue, tensions, relations parfois difficiles. Les échanges étaient simples, directs, et déjà très lucides. « Quand ça va, je parle, quand ça va pas je ne parle pas trop », confie l’un d’eux.
Au fil des activités, les jeunes ont mis des mots sur leurs émotions et ont partagé leurs expériences. Pour eux, les relations sociales occupent une place centrale — « les amis, ils sont là pour nous soutenir » —, tandis que des sujets comme les réseaux sociaux, les injustices ou les relations amoureuses émergent naturellement dans les discussions.
Le débat a confirmé une chose : si les amis constituent souvent un premier espace de parole, cette expression reste liée à la confiance et aux sujets abordés. « Ça dépend des sujets », résumait un participant.
Dans ce cadre, l’Escape Game a pleinement joué son rôle. Il a créé un espace accessible et sécurisant, permettant aux jeunes de s’exprimer librement, tout en faisant émerger une réflexion déjà construite sur leur bien-être et leur environnement.

Un débat participatif pour ouvrir le dialogue sur la santé mentale
À travers performances artistiques, témoignages étudiants, débat participatif, intervention d’une professionnelle de santé, la seconde journée du PREX a proposé une soirée dédiée à la santé mentale, pensée comme un espace d’échange et de sensibilisation. Pour initier la soirée, un débat participatif autour de la question "Qu’est-ce qui contribue vraiment au bien-être des jeunes dans la ville ?" a été animé par la Mission Jeunesse et la Mission Démocratie Permanente. Ce premier temps d’échange a permis aux participantes et participants d'appréhender la thématique de la santé mentale grâce à différentes interventions puis de réagir en temps réel, de partager leurs perceptions et de formuler des propositions concrètes.
Lors de ce débat, très vite, les contributions ont montré combien le sujet faisait écho à des vécus personnels. Une large majorité des personnes présentes ont déclaré avoir déjà traversé un trouble ou un épisode de santé mentale. La discussion s’est ainsi ancrée dans des expériences réelles, mais aussi dans une volonté collective de mieux comprendre ces enjeux.
Les échanges ont également fait émerger les freins encore présents : banalisation de la souffrance psychique, idée qu’il faudrait « s’en sortir seul », représentations associant fragilité et faiblesse, ou encore manque de sensibilisation. Autant de constats qui rappellent la nécessité de continuer à libérer la parole.
Lorsqu’il s’agissait d’imaginer des solutions, les propositions ont été nombreuses : renforcer la prévention dès le plus jeune âge, mieux faire connaître les dispositifs existants, faciliter l’accès aux psychologues, créer des espaces d’écoute accessibles ou développer des formations sur la santé mentale.
Les participantes et participants ont aussi relié largement le bien-être psychique au cadre de vie : davantage de nature en ville, des espaces sportifs, des temps conviviaux, des initiatives culturelles ou encore la lutte contre la précarité et l’isolement sont largement évoqués.
Au fil de la soirée, une conviction s’est dessinée : la santé mentale ne relève pas seulement du soin. Elle se construit aussi à travers le lien social, la prévention, l’écoute et la qualité de vie.
Pour en savoir plus : Le PREX 2026 : la jeunesse engagée au cœur de Bordeaux | Site de la ville de Bordeaux

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